Ce soir…
…là The « G » m’abandonnait pour un truc professionnel vraiment important. Après une partie de golf avec un client, le
gagnant invitait l’autre chez Marius. Il y en a qui ont définitivement des jobs pénibles, non ?
Je décidais donc de dîner avec mon amie Elizabeth, une
grande bringue qui, sans talons, frise le mètre quatre vingt, extrêmement chic, toute en jambes, ultramince, qui ne pourrait imaginer mettre le petit doigt dehors sans qu’il soit limé, nourri et
parfumé. Avec sa voix rauque qui appuie tous les « A », sa démarche lente et chaloupée, ses cheveux au carré gris bien lisse, ses chapeaux, ses pantalons larges qui soulignent sa longue
silhouette, elle a l’élégance un peu désuète d’une comtesse hongroise en goguette.
Les temps sont durs pour elle en ce moment.
Aussi je me disais qu’un petit dîner arrosé d’un rouge très tannique serait le bienvenu pour faire le plein de sels minéraux et lui remonter le moral. L’air était doux, j’essayais de la
convaincre de dîner en terrasse mais bien que blottie dans un châle, elle frissonnait.
Nous voilà donc parties toutes les deux, à
pied, pour rejoindre le Café Max, moi trottinant à ses cotés, juchée sur de très hauts talons pour ne pas faire trop naine. Vous connaissez l’avenue de la Motte Picquet ? C’est une large
avenue coupée en son centre par le Champs de Mars. Elle démarre populaire sous le métro aérien et finit très bourgeoise près des Invalides. C’est là que se trouve Valdo, à deux pas de la Tour
Maubourg et du charmant petit square des Invalides. Il a repris ce restaurant, il y a presque trois ans, après d’austères négociations avec son précédent patron, aux rênes de son établissement
depuis au moins trente ans. C’était une institution dans le quartier. (Pas toujours pour de bonnes raisons d’ailleurs. Il était bougon et un peu cracra…) Valdo est en passe de le devenir à son
tour, pour de très bonnes raisons.
Le lieu est charmant, murs noirs, plafond rouge -
oui je sais ça fait bizarre dis comme ça mais c’est vraiment très vieux Paris – grand bar, banquettes de velours, jolies tables nappées de blanc et lui, l’italien, que dis-je le
vénitien, très chic en grand tablier noir qui virevolte parmi sa vingtaine de convives. La carte est courte et simple mais de belle facture avec comme dans toutes les bonnes maisons, le pain
Poujauran. Nous avons donc commencé par une salade œuf poché et lardons et un millefeuille chèvre et tomates très très bien, suivis d’un saumon épinards pour moi et de drôles de pâtes fraîches
farcis à la ricotta et dorées à la poêle pour elle. Le tout avec un Côte du Rhône facturé à la ficelle mais que nous avons dégusté jusqu’à la dernière goutte.
La salle était comble mais le service parfait.
C’est une jolie adresse, parisienne en diable, et d’un très bon rapport qualité prix puisqu’il nous en a coûté 40 euros par personne avec deux cafés et un Kir bien rouge pour ma comtesse de
copine.
Café Max
7 avenue de la Motte Picquet, 75007
01 47 05 57 66